Commentaire : Le Canada reste ouvert aux affaires

Le président de l'ACDFL, Ron Lemaire, affirme que des pays comme le Mexique pourraient fournir davantage de produits au Canada si les tarifs douaniers augmentaient le prix des importations américaines

L’industrie nord-américaine des produits frais prospère grâce à la fluidité des échanges commerciaux, mais les récents tarifs douaniers perturbent les chaînes d’approvisionnement, augmentent les coûts et créent de l’incertitude pour les entreprises et les consommateurs.

Depuis le 1er février, j’entends les chefs de file de l’industrie du Canada et du monde entier poser la même question : comment le Canada parviendra-t-il à traverser cette période de turbulences? La réponse est claire : les Canadiens sont résilients et restent ouverts aux affaires.

Les tarifs augmentent les coûts d’importation, affectent la planification à long terme et ajoutent de la complexité à un secteur déjà compétitif. Les marges étant réduites à néant, les entreprises manufacturières d’Amérique du Nord sont confrontées à des décisions difficiles en matière d’approvisionnement, de prix et de gestion de la chaîne d’approvisionnement.

À mesure que les modèles commerciaux traditionnels évoluent, des pays comme le Mexique, le Chili, le Pérou, la Colombie, l’Espagne, le Maroc et l’Égypte ont la possibilité de renforcer leur présence sur le marché canadien. Les détaillants, les importateurs et les fournisseurs de services alimentaires explorent déjà des chaînes d’approvisionnement diversifiées pour maintenir l’accès à des produits frais et abordables.

L’augmentation des coûts d’importation pourrait accélérer les investissements dans la production locale, notamment l’expansion des serres et les initiatives visant à prolonger la saison. Dans le même temps, l’évolution des préférences des consommateurs pour les produits cultivés localement stimule la demande. Les médias grand public, les médias sociaux, le gouvernement et les consommateurs s’efforcent tous fortement de soutenir les produits fabriqués au Canada pour surmonter ce défi.

Toutefois, il ne faudra pas attendre un jour pour répondre à ces demandes, surtout dans le cas des produits frais, pour lesquels nous ne cultivons pas la plupart des produits que les consommateurs attendent toute l’année. Pour combler cette lacune, il faudra des investissements stratégiques, une planification agressive et une collaboration à l’échelle du secteur.

À l’ACDFL, nous continuons à œuvrer pour un commerce libre et équitable partout en Amérique du Nord. Nous travaillons activement avec les représentants des gouvernements du Canada et des États-Unis pour clarifier l’application de ces tarifs et garantir que la voix de nos membres soit entendue.

Nous continuerons de travailler en étroite collaboration avec nos collègues du Canada, des États-Unis et du Mexique pour relever ces défis et atténuer leur impact sur le secteur des produits frais.

Même si la période actuelle est incertaine, je suis convaincu que notre industrie saura s’adapter, innover et en sortir plus forte. L’ACPM tiendra ses membres informés et préconisera des solutions qui soutiennent la santé à long terme de notre chaîne d’approvisionnement.

Ron Lemaire est président de l’Association canadienne de commercialisation agricole.

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