Isabel Quiroz, d'IQonsulting :

« L’industrie chilienne de la myrtille est de retour »

Le Chili a réussi à surmonter la crise variétale, à raviver l'intérêt du marché et à se repositionner avec un produit de haute qualité. Tout cela renforce la résilience, la compétitivité et la stratégie d'une industrie qui s'efforce de rester à l'avant-garde du marché mondial.

L'émergence soudaine et exponentielle de l'industrie péruvienne de la myrtille, conjuguée à l'offre variétale de nouveaux fruits – bien supérieurs en termes de productivité et de qualité – et aux exigences élevées des consommateurs et du marché, a relégué l'industrie chilienne de la myrtille au second plan mondial. En moins de cinq ans, le Chili est passé du statut de leader absolu des exportations mondiales de myrtilles à celui d'industrie largement marginale, que certains considèrent comme quasi disparue.

d'après Annuaire du marché international des myrtilles 2025 par iQonsulting, Le volume total de myrtilles exportées par les pays de l'hémisphère sud au cours de la saison 2024/25 a atteint 436.431 28 tonnes, soit une augmentation de XNUMX % par rapport à la saison précédente.

Le Pérou a conservé sa position de premier exportateur de myrtilles fraîches, avec un volume total de 317.847 42 tonnes, soit une hausse de 5 % par rapport à la saison précédente. En deuxième position, le Chili a également enregistré une croissance de ses exportations, en hausse de 90.647 %, pour atteindre XNUMX XNUMX tonnes.

Vision stratégique

Dans ce contexte, les propos d'Isabel Quiroz, directrice d'iQonsulting et figure de proue de l'analyse des exportations agricoles chiliennes, reflètent une vision claire, réaliste et stratégique de la situation actuelle du secteur chilien de la myrtille. Son analyse reconnaît à la fois les défis auxquels le secteur a été confronté ces dernières années et les décisions clés qui ont permis sa reprise et son repositionnement sur le marché mondial.

Tout d'abord, Quiroz propose une interprétation lucide du cycle naturel des industries agricoles. Il souligne qu'après une période d'essor initial, marquée par des prix élevés et l'enthousiasme du marché, arrive un moment où l'innovation variétale, la compétitivité et l'efficacité productive deviennent essentielles. Ce diagnostic est particulièrement pertinent pour les myrtilles, dont la croissance explosive des années précédentes a entraîné une offre excédentaire de variétés ne répondant pas toujours à la demande du marché.

Réingénierie variétale

L'intérêt de son analyse réside dans le fait qu'elle ne se limite pas à la critique, mais souligne avec un optimisme justifié le processus de réingénierie variétale engagé par le pays. Il souligne le rôle moteur du Comité chilien de la myrtille dans l'évaluation technique et commerciale des nouvelles variétés, ainsi que la capacité du secteur à s'adapter, à renouveler les vergers et à recentrer sa stratégie d'exportation. Cela se traduit par une industrie qui a recommencé à proposer un produit solide, attractif pour les consommateurs et d'un grand intérêt pour les importateurs internationaux.

Le Chili est de retour

Un autre point clé de son intervention concerne l'importance des exportations de myrtilles congelées comme mécanisme d'absorption des volumes et de stabilisation des prix. Cette transformation, qui a impliqué la modernisation et la mécanisation de la récolte, a non seulement soutenu la rentabilité de nombreux vergers, mais a également fait du Chili une référence pour les autres industries fruitières en quête de diversification commerciale.

Enfin, Isabel Quiroz envoie un message fort en affirmant que l'industrie chilienne de la myrtille est de retour. Elle attribue cette reprise à la décision délibérée du secteur de privilégier la durabilité, la qualité et la différenciation, des éléments clés pour être compétitif dans un environnement mondial où le marché ne récompense plus seulement le volume, mais aussi l'efficacité, la traçabilité et la valeur ajoutée.

Loin de présenter un scénario idéalisé, la vision d'Isabel Quiroz sur l'état actuel et futur de la filière chilienne de la myrtille en 2025 allie analyse technique, vision stratégique et engagement en faveur du développement durable. Elle reconnaît les erreurs du passé et salue la capacité du secteur à se réinventer. Son message est clair : le Chili a réussi à surmonter la crise variétale, à raviver l'intérêt du marché et à se repositionner avec un produit de haute qualité. Tout cela renforce la résilience, la compétitivité et la stratégie d'une filière qui cherche à rester à l'avant-garde du marché mondial.

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