Maroc : nouvelle frontière concurrentielle de la myrtille mondiale

La montée en puissance du leader africain fait de Tanger un point stratégique pour discuter de l'avenir du secteur en septembre prochain.

Il y a à peine deux décennies, le Maroc était un acteur émergent dans l'industrie de myrtille. Aujourd'hui, le Maroc est le quatrième exportateur mondial, l'un des pays affichant la plus forte productivité à l'hectare et un chef de file en matière d'innovation génétique, d'agriculture de précision et d'efficacité logistique. Cette transformation rapide explique pourquoi le prochain Séminaire international sur les fruits rouges Maroc 2026, qui se tiendra à Tanger en septembre, réunira producteurs, chercheurs et entreprises afin d'analyser l'un des modèles de production les plus dynamiques du marché mondial.

Depuis des années, la croissance de canneberge Elle était principalement associée à des pays comme les États-Unis, le Chili et, plus tard, le Pérou. Cependant, le paysage mondial de cette industrie a continué d'évoluer, et aujourd'hui, le Maroc est un acteur majeur.

Son développement a été rapide. En un peu plus de vingt ans, le pays est passé d'une production naissante à une position de quatrième exportateur mondial, grâce à une combinaison d'investissements étrangers, d'innovations génétiques, de technologies agricoles et d'une situation géographique privilégiée face à l'Europe.

Actuellement, le Maroc compte plus de 7 500 hectares plantés de myrtilles Les projections officielles visent à atteindre 10 000 hectares d’ici 2030, consolidant ainsi une expansion qui continue d’attirer les investissements internationaux.

Productivité
Mais le véritable indicateur de compétitivité ne se limite pas à l'apparence. L'industrie marocaine enregistre des rendements moyens qui rivalisent directement avec ceux du Pérou, premier exportateur mondial.

En 2024, les exportations se sont situées entre 74 000 et 80 000 tonnes, soit une hausse d’environ 15 % par rapport à l’année précédente, générant des recettes supérieures à 500 millions de dollars américains. Les estimations pour 2025 prévoient des exportations supérieures à 82 500 tonnes, pour un volume annuel avoisinant les 95 000 tonnes. Plus qu’une simple expansion des surfaces cultivées, le Maroc gagne en efficacité.

La génétique comme stratégie concurrentielle
L'un des piliers du modèle marocain réside dans l'intégration rapide de variétés protégées. Alors que d'autres pays conservent d'importantes surfaces plantées de variétés traditionnelles, le Maroc a accéléré la transition vers des lignées à faibles ou nuls besoins en froid, en intégrant des programmes génétiques provenant des États-Unis, d'Australie et d'Espagne. Ces programmes s'inscrivent dans une stratégie visant à optimiser la productivité, la qualité des fruits et l'adaptation au changement climatique.

Cette capacité à adopter rapidement de nouvelles variétés constitue l'un de ses principaux avantages concurrentiels par rapport aux autres origines.

La logistique comme avantage structurel
La situation géographique représente un autre facteur décisif ; tandis que les producteurs sud-américains doivent effectuer de longs voyages maritimes vers l’Europe, le Maroc approvisionne ce marché en quelques heures ou quelques jours, réduisant ainsi les coûts logistiques et améliorant l’état des fruits à leur arrivée.

Sa principale période de transactions — entre janvier et mai — coïncide également avec une période de moindre disponibilité en provenance de l'hémisphère sud, ce qui lui permet de réaliser des bénéfices avant le début de la saison européenne.

Cette combinaison de proximité, de qualité et de rapidité explique la forte croissance enregistrée ces dernières années.

Champs de myrtilles dans le nord du Maroc. © Blueberries Consulting

Un modèle hautement technologique
L'expansion de canneberge L'agriculture marocaine s'est également accompagnée d'une forte intégration technologique. Les systèmes de culture hydroponique, les fortes densités de plantation, les plateformes d'irrigation intelligentes et la surveillance numérique sont désormais des caractéristiques standard des nouveaux projets agricoles.

L’utilisation d’outils d’agriculture de précision a permis de constater des réductions d’environ 15,8 % de la consommation d’eau, tout en maintenant les niveaux de productivité.

Dans un pays où la disponibilité en eau constitue l'un des principaux défis structurels, l'utilisation efficace de cette ressource est devenue un élément central du modèle de production. Cependant, cette croissance n'est pas sans risques.

La saison 2026 a révélé une nouvelle vulnérabilité pour le secteur. De violentes tempêtes, avec des vents dépassant les 110 km/h, ont endommagé les macro-tunnels et les infrastructures de production en février, réduisant les volumes initialement estimés de 15 à 25 %. La conséquence a été immédiate : les exportations de mai ont chuté de 22 257 tonnes en 2025 à seulement 1 026 tonnes en 2026, engendrant une importante pénurie d’approvisionnement.

À l'inverse, les prix FOB moyens sont passés de 6,86 USD/kg à 8,40 USD/kg, atteignant même des sommets de 10,95 USD/kg en mai.

Cet épisode a mis en lumière le fait que le principal risque n'est plus seulement la pénurie d'eau, mais aussi l'intensification des phénomènes météorologiques extrêmes.

Un marché qui cherche à se diversifier
Un autre défi stratégique réside dans la forte concentration des échanges. Actuellement, environ 84 % des exportations marocaines sont destinées à l'Espagne et au Royaume-Uni, ce qui accroît la dépendance du pays vis-à-vis du marché européen. C'est pourquoi le secteur s'efforce activement de conquérir de nouveaux marchés.

Les États-Unis ont connu une croissance rapide ces dernières années, tandis que l'Asie semble représenter le principal enjeu à moyen terme. L'ouverture future du marché chinois pourrait constituer un tournant décisif pour le développement du secteur.

XXXVIIIe Séminaire international sur les fruits rouges Maroc 2025. © Blueberries Consulting

Tanger : un lieu pour discuter de l'avenir
Dans ce contexte, la prochaine XLIIIe Séminaire international sur les fruits rouges Maroc 2026L'événement, qui se déroulera le mercredi 16 septembre à l'hôtel Royal Tulip City Center de Tanger, revêt une importance particulière.

Plus qu'une simple réunion technique, cet événement permettra d'analyser l'un des modèles de production qui redéfinit la compétitivité internationale dans le secteur de la production. myrtille. La génétique, la productivité, l'utilisation efficace de l'eau, la logistique, le changement climatique et l'accès à de nouveaux marchés seront quelques-uns des thèmes qui alimenteront les discussions. Comprendre la situation actuelle au Maroc, c'est bien plus que connaître la réalité d'un nouveau pays producteur. C'est observer l'évolution de la filière mondiale de la myrtille et identifier les facteurs qui détermineront sa compétitivité au cours de la prochaine décennie.

La visite technique internationale du Maroc se déroulera dans le nord du pays et permettra de visiter des champs de myrtilles afin que des producteurs de différents pays puissent se former. sur place Techniques de production et technologiques du Maroc.

Souhaitez-vous participer à la réunion annuelle des producteurs de fruits rouges méditerranéens et à la visite technique ? Stands et parrainages disponibles !

 

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