Alantra prépare la vente de Surexport, basée à Huelva, pour une valeur de 600 millions d'euros.
La société espagnole de capital-investissement Alantra Private Equity s'apprête à céder Surexport, l'un des principaux groupes européens spécialisés dans la production et la commercialisation de baies, pour une valeur qui pourrait dépasser 600 millions d'euros. L'opération pourrait débuter après l'été, une fois les travaux préparatoires entamés ces dernières semaines achevés, selon les informations publiées par Expansión.
Cette opération constituerait l'une des plus importantes opérations de rachat d'entreprise de ces dernières années dans le secteur agroalimentaire espagnol et impliquerait une société fondée à Huelva, devenue l'un des principaux acteurs européens du secteur... baies.
Fondée en 1994, Surexport a bâti au cours des trois dernières décennies un groupe présent à l'international et dédié à la production, à la commercialisation et à l'exportation de fraises, de framboises, myrtilles et de mûres. L'entreprise possède actuellement des zones de culture en Espagne, au Portugal, aux Pays-Bas, au Pérou et au Maroc et approvisionne les principales chaînes de distribution européennes, avec une orientation clairement tournée vers l'exportation : entre 75 % et 80 % de son chiffre d'affaires provient des marchés internationaux.
Alantra étudie différentes options stratégiques concernant sa participation, y compris une cession d'actifs, tout en prévoyant que la famille fondatrice conserve sa participation et la direction de l'entreprise. Andrés Morales, fondateur et PDG depuis la création de la société, continuera d'en assurer la direction dans cette nouvelle phase.
Six années de croissance
Cette vente potentielle intervient après une période d'expansion intense, impulsée par l'investissement d'Alantra dans Surexport en 2020. Durant cette période, l'entreprise a pratiquement doublé de taille, atteignant un chiffre d'affaires de près de 400 millions d'euros, contre environ la moitié de ce chiffre au moment de la transaction.
Cette croissance s'est accompagnée d'investissements importants. Au cours des six dernières années, Surexport a consacré environ 200 millions d'euros à son développement, tant par croissance organique que par quatre acquisitions en Espagne, au Maroc et aux Pays-Bas, renforçant ainsi sa position internationale.
L'entreprise possède également un portefeuille de clients très diversifié. En Espagne, Mercadona est son principal client, même si ce dernier ne représente qu'environ 15 % du chiffre d'affaires mondial du groupe, ce qui témoigne de l'importance du commerce international dans ses activités.
Un refinancement pour amorcer une nouvelle phase
Cette opération potentielle intervient peu après le refinancement d'une dette d'environ 250 millions d'euros, une mesure visant à allonger les échéances et à améliorer la situation financière de l'entreprise. Elle comprend un prêt de 150 millions d'euros destiné à financer de nouveaux investissements qui accéléreront la croissance du groupe dans les années à venir.
Alantra a confié à ING le conseil financier nécessaire pour mener à bien ce refinancement, et l'entité néerlandaise devrait également coordonner le processus de vente final.
Le rapport indique que la documentation nécessaire au lancement de l'opération est pratiquement complète et que le processus s'adresserait principalement à des investisseurs disposant d'un profil financier solide. Parmi les options envisagées par Alantra figure la possibilité de réinvestir dans Surexport via un fonds de continuation, une stratégie que le gestionnaire d'actifs a déjà utilisée cette année pour prolonger son investissement dans la société de diagnostic génétique Health in Code.
Une valorisation supérieure à 600 millions
La valorisation de l'opération dépasse 600 millions d'euros, un chiffre étayé par l'évolution enregistrée par l'entreprise ces dernières années et par des prévisions qui situent le bénéfice brut d'exploitation (EBITDA) de l'exercice fiscal en cours — qui se terminera le 31 août — dans une fourchette comprise entre 50 et 60 millions d'euros.
Si elle finit par être commercialisée dans les conditions susmentionnées, Surexport sera confrontée à la plus grande opération d'entreprise de son histoire et à l'une des plus importantes jamais entreprises par une société liée au secteur des fruits rouges en Espagne.
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