Daniel Díaz : « Chez les myrtilles, les régulateurs de croissance n'expriment leur potentiel que s'il y a une bonne nutrition. »
Lors du 39e séminaire international sur la myrtille qui s'est tenu à Lima, Daniel Díaz a abordé l'un des aspects les plus sensibles de la gestion physiologique de cette culture : la relation entre les régulateurs de croissance, la nutrition minérale et la qualité des fruits. cannebergeLà où chaque décision agronomique peut affecter directement la fermeté, le développement et l'état final, l'interaction entre ces facteurs acquiert une importance décisive.
Lors d'un entretien avec Blueberries Consulting, le spécialiste a souligné que l'application d'hormones ou de régulateurs, en espérant une réaction automatique de la plante, ne suffit pas. Pour que ces effets se manifestent de façon constante, la culture doit bénéficier d'un milieu nutritif et hydrique adapté aux processus tels que la division cellulaire, la croissance des tissus et la formation des fruits.
—Daniel, de par votre spécialisation en physiologie végétale, y a-t-il un avantage à combiner l'application de nutriments tels que le calcium et le silicium avec des régulateurs de croissance ?
Oui, absolument. Chacun remplit une fonction spécifique au sein de la physiologie de la plante. D'une part, les hormones ou régulateurs de croissance interviennent dans des processus tels que la division cellulaire, l'augmentation de la taille des cellules et divers mécanismes associés à la croissance des plantes ou des fruits.
Cependant, cette fonction ne peut s'exprimer correctement sans les nutriments nécessaires. Pour qu'une cellule se divise ou qu'un tissu se développe, la plante a besoin de ressources. Dans ce contexte, des nutriments tels que le calcium, le silicium et d'autres éléments jouent un rôle complémentaire fondamental. Il existe donc une interdépendance manifeste entre la régulation hormonale et la nutrition, plutôt que des actions séparées.
—Donc, on ne peut pas concevoir un élément sans l'autre ?
Exactement. Une administration hormonale est possible, mais si les nutriments nécessaires au maintien de la réponse physiologique font défaut, l'effet sera limité ou irrégulier. L'inverse est également possible : les nutriments peuvent être disponibles, mais en l'absence du signal physiologique approprié, cette condition seule ne suffira pas nécessairement à produire le résultat escompté.
Par conséquent, l'utilisation de régulateurs de croissance sur les bleuets exige une approche globale. Il ne s'agit pas d'un outil isolé, mais d'une décision qui doit s'inscrire dans une stratégie agronomique plus large.

Daniel Diaz présente une conférence intitulée « Stratégies avancées pour la gestion du stress thermique et oxydatif chez les myrtilles ».
—Existe-t-il une relation entre la vigueur végétative de la plante et la fermeté du fruit chez les myrtilles ?
Oui, absolument. C'est un point essentiel. Lorsqu'une plante présente une forte vigueur végétative (croissance accrue, plus de succulence, développement foliaire plus important), une part significative de ses nutriments et ressources est généralement consacrée à cette nouvelle croissance.
Cela crée une concurrence avec le fruit. Or, pour que le fruit développe sa fermeté, il a également besoin d'un apport suffisant en éléments nutritifs et de processus physiologiques favorables à une bonne formation cellulaire. Si la majeure partie de l'énergie et des nutriments est consacrée à la croissance végétative, le fruit risque de perdre une partie de son potentiel de fermeté.
—Pourrait-on alors dire que l’équilibre entre la croissance végétative et la charge en fruits est crucial ?
Oui, car le problème ne réside pas dans la croissance elle-même, mais dans la concurrence qu'elle engendre avec le fruit. Dans ce cas, la plante privilégie son développement végétatif, et le fruit se retrouve dans une situation moins favorable pour recevoir les ressources dont il a besoin.
Chez les bleuets, où la fermeté est un atout commercial essentiel, cet équilibre doit être géré avec soin. L’objectif n’est pas seulement de favoriser la croissance, mais aussi de veiller à ce que la plante alloue ses ressources en fonction du rendement et du résultat commercial souhaités.
—Quelles recommandations feriez-vous aux producteurs qui envisagent d'utiliser des hormones ou des régulateurs de croissance ?
La principale recommandation est la suivante : si vous envisagez d’utiliser des hormones ou des régulateurs de croissance, assurez-vous d’abord d’avoir une alimentation équilibrée. Sans une nutrition adéquate, les effets peuvent être inconstants, voire ne pas se manifester comme prévu.
Outre la nutrition, l'eau est également un facteur essentiel. Par conséquent, avant de prendre une décision visant à améliorer un attribut particulier, il convient de vérifier si la culture dispose des conditions nécessaires pour y répondre. Cela demeure l'une des clés d'une prise de décision agronomique judicieuse sur le terrain.
Participation au Séminaire international sur les myrtilles de Lima 2026
Daniel Díaz a participé au 39e Séminaire international sur la myrtille de Lima 2026, à deux sessions du programme technique. Dans le hall principal, il a pris part à la table ronde « Optimisation de la fermeté des myrtilles : nutrition, interactions hormonales et stratégies post-récolte pour les marchés longue distance », tandis que dans le hall secondaire, il a présenté une communication intitulée « Stratégies avancées pour la gestion du stress thermique et oxydatif chez la myrtille ». Ces deux présentations ont mis en lumière un même enjeu pour la filière : en culture de la myrtille, la réponse physiologique de la plante doit être appréhendée de manière intégrée, en reliant nutrition, fermeté, gestion du stress et qualité finale du fruit.

Daniel Diaz participe à la table ronde « Génie de la fermeté des bleuets : nutrition, interaction hormonale et stratégies post-récolte pour les marchés longue distance ».
Plus d'informations:
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Retrouvez l'intégralité de l'interview sur notre chaîne. YouTube Blueberries TV
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